Réponses de François Bayrou aux " Chiennes de garde "
28 mars 2002

1) Loi anti-sexiste
Les associations ont raison de dénoncer les propos sexistes dont on voit bien, au bout du compte, à quelles dérives ils peuvent conduire. Ce n’est pas acceptable. Faut-il légiférer pour autant ? Le débat doit être ouvert, et le Parlement devra se prononcer sur ce point. Il y a à mon sens un chemin à trouver entre la menace d’une sanction systématique et la création de nouvelles infractions d’une part, et le travail de pédagogie, d’éducation que les pouvoirs publics, à travers l’école en particulier, et les familles doivent engager d’autre part.

2) Statistiques
Je suis favorable à l’établissement de statistiques fiables sur les violences ainsi que l’organisation de campagnes d’information. J’ai proposé de confier à une autorité indépendante le soin d’établir régulièrement les " tableaux de bord " de la France dans un certain nombre de domaines, dont la violence. Ces statistiques, fiables et objectives, seront publiques. Je souhaite qu’elles soient suivies d’auditions, également publiques, des membres du gouvernement en charge de secteurs concernés.

3) Education sexuelle
Je suis favorable à la généralisation des cours d’éducation sexuelle dès le collège.

4) Prostitution
La prostitution est devenue une des principales manifestations du crime organisé. Nos efforts doivent d’abord se concentrer sur les femmes qui sont les premières victimes de cette nouvelle traite d’êtres humains. Tout doit être fait pour les protéger et les aider à se réinsérer.
Dans le même temps, il convient donc de traquer sans relâche les réseaux et les trafiquants avec la plus grande fermeté, et de mettre en place un arsenal juridique renforcé qui permette de les punir avec une sévérité accrue. Il faut ensuite étendre ces règles à l’ensemble de l’Europe comme nous commençons de l’appliquer pour les délits financiers ou les actes de terrorisme.

5) Corps humain
Cela va de soi.

6) Femmes étrangères
C’est très clair : les femmes étrangères qui vivent en France doivent être soumises aux lois de la république française. A mon sens, ceux qui pratiquent sur les femmes de véritables châtiments inhumains, comme l’excision, devraient être lourdement condamnés par les tribunaux.

Pour les femmes qui vivent à l’étranger, c’est à la France et à l’Europe de dénoncer toutes les formes de barbarie sexiste dont elles peuvent être victimes. Je pense en cet instant à Safiya Husaini, cette femme nigériane qui risque la mort par lapidation pour avoir donné la vie hors mariage. Quelles que soient ses convictions religieuses, cela n’est pas acceptable au 21e siècle.