Chevènement
Réponse : Six exigences pour la démocratie :
1- Les violences faites aux femmes, qu’elles soient verbales ou physiques, sont intolérables. Il est nécessaires pour les faire cesser d’utiliser l’ensemble de l’appareil législatif existant. En revanche, il me semble dangereux de trop judiciariser les rapports entre hommes et femmes. La prééminence doit être donnée à l’éducation et à l’information. Une loi existe sur le harcellement sexuel, qui est certes imparfaite, quant à la qualification du rapport hiérarchique entre la victime et la personne exerçant la pression, mais qui est une loi importante. Toutefois, l’élaboration d’un " loi anti-sexiste " ne me semble pas le plus urgent à réaliser pour les femmes, qui attendent avant tout l’égalité professionnelle, salariale, et le droit de concilier leur vie privée et leur vie professionnelle sans difficulté, ce à quoi je m’engage formellement, et qui est la pierre angulaire de mon programme : la parité sociale.
2- Des statistiques sexuées sur la violence sont en effet nécessaires pour évaluer les besoins en terme d’accueil, pour permettre d’imposer l’éloignement du conjoint violent, et la réelle protection des femmes. Il faut également réfléchir aussi bien à la façon dont ces femmes sont reçues dans les commissariats, en réfléchissant éventuellement à des permanences spécialisées, qu’au nombre de centres et foyers mis à leur disposition, et dont le nombre est actuellement largement insuffisant.
3- Il est inscrit dans mon programme une réelle campagne d’information sur la contraception, et la sexualité, auprès des jeunes filles, qui doit se faire de façon continue, et non tous les vingt ans comme ce fut le cas, car c’est chaque année que de nouvelles génération découvrent la sexualité.
4- J’ai toujours affirmé mon attachement à la position abolitionniste de la France en matière de prostitution, position qui doit s’accompagner d’une réelle volonté politique pour faire appliquer la Loi. Les textes existent, ils sont souvent suffisants, mais ils ne sont pas appliqués, faute de moyens, et d’intérêt pour cette question qui met en jeu la dignité des femmes. C’est un des engagements de mon programme.
5- Les femmes sont très certainement les premières victimes de la mondialisation, mais aussi des progrès de la science, et particulièrement avec le développement des techniques de clonage, qui nécessitent un grand nombre d’ovocytes. Il est nécessaire d’encadrer très strictement le don d’ovocyte, afin de lutter contre les trafics qui ne manqueraient pas de se mettre en place.
6- Il est essentiel que les personnes accueillies sur le territoire français soient soumises à la loi républicaine, qui est seule à même de protéger les plus faibles. Pour cette raison ne sauraient être tolérées des pratiques telles que l’excision, qui sont interdites par la loi française. La France a toujours eu pour vocation de répandre dans le monde l’idéal de tolérance et d’humanisme qui l’a fondée, et elle doit le faire particulièrement en direction des femmes, ce d’autant plus qu’elles sont dans le Tiers-Monde un facteur essentiel du développement, et que leur exploitation correspond toujours à une misère économique et sociale. Il faut le faire en développant les partenariats avec les Etats et les ONG, pour des programmes d’éducation. Il faut favoriser partout l’accès des filles à l’éducation, et soutenir toutes les initiatives qui iraient dans le sens d’une amélioration du statut de la femme. Là encore, c’est par l’éducation et le partenariat que se fera l’évolution la plus rapide et la plus profitable.
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