Robert Hue

20 mars 2002

1) Je suis convaincu qu’une loi antisexiste et antihomophobe est indispensable comme la loi antiraciste dont le groupe communiste à l’Assemblée Nationale a été le promoteur. Cela mérite également une campagne d’information et de prise de conscience sur le respect de la dignité de chaque individu.

Les discriminations sexistes sont de même nature que le racisme, elles s’apparentent pour moi au non-respect de l’autre et à l’intolérance. Je suis pour des campagnes d’information et la mise en œuvre d’une législation qui pénalise les auteurs d’injures, d’actes sexistes. Des lois sont en vigueur concernant le harcèlement sexuel ou moral au travail, il faut une législation de même nature sur le sujet.

2) Nous sommes pour des statistiques sexuées dans toutes les sphères de la société car nous pensons en effet que rendre visibles les inégalités et discriminations à l’encontre des femmes est déjà un pas et un point d’appui pour lutter afin de les éradiquer de notre société. Concernant la violence je me prononce contre toutes les violences faites aux femmes , ce qui a d’ailleurs motivé la participation de mon parti à la Marche Mondiale des femmes en 2000.Je me sens particulièrement interpellé par les violences conjugales qui restent encore trop considérées comme relevant du " privé ".Dans ce domaine il faudra trouver l’arsenal juridique pour déculpabiliser les femmes victimes, leur faciliter les procédures à l’encontre de leur agresseur notamment dans le domaine de la charge de la preuve sur le modèle de la directive européenne concernant le harcèlement sexuel. Il faudra aussi des moyens humains et financiers supplémentaires en matière de justice, de santé, de protection

Par exemple pour développer des antennes locales et compétentes afin d’intervenir au cas par cas selon les besoins des femmes

3) Je partage l’idée que l’éducation sexuelle puisse et doive se faire dans le cadre de la scolarité. Une éducation non sexiste , humaniste et laïque. Les établissements scolaires ne sont en effet pas des sanctuaires d’où les enjeux de société seraient absents. Pour cette éducation, il faudra aussi donner les moyens aux enseignants de pouvoir se former .Enfin, le rôle des infirmières scolaires- notamment dans les lycées- est décisif pour participer à cette éducation sexuelle .Elles doivent pouvoir délivrer la pilule du lendemain

4) Pour moi, la prostitution n’est pas un " métier " comme un autre. Je ne suis pas pour aménager la prostitution mais pour la supprimer. Une rencontre avec des associations tenue dans les locaux de ma permanence le 13 décembre a permis de travailler à des propositions pour lutter contre cette marchandisation insupportable du corps des femmes :création d’une mission interministérielle, organisation d’une rencontre européenne , modification législative s’inspirant de la Suède qui a adopté une loi pénalisant le client.

5) Je suis contre toute marchandisation de l’être humain. Je suis défavorable à la brevetabilité du vivant comme voulait l’autoriser la directive européenne pour l’extension des brevets au génome humain. Je suis satisfait qu’à l’initiative du Groupe communiste, la transposition de cette directive dans le droit français ait été rejetée dernièrement. Je suis tout à fait opposé au trafic d’organes et d’ovocytes. Nous demandons la création d’une agence publique nationale et européenne ayant pour mission de contrôler une réelle application de la charte de l’ONU de 1999. Le corps humain n’est pas une marchandise

6) Les relations internationales entre Etats ne peuvent faire l’impasse sur la situation des femmes dans chacun des pays concernés. Nous en avons la preuve avec les menaces pesant sur Safyia Husseini, menacée de lapidation par la province islamiste du Sokoto au sein du Nigeria. Nous savons aussi que la loi actuelle ne permet pas par exemple de fournir l’asile à des femmes algériennes menacées de mort par les intégristes de leur pays.

Je suis pour une politique de l’immigration plus humaine, prenant en compte les droits de chaque individu et notamment celui des femmes immigrées qui dans certaines circonstances se retrouvent dans l’illégalité parce qu’elles n’ont pas de papier en leur nom propre. Je suis également pour la reconnaissance du droit d’asile pour les migrantes victimes de persécution, de violence et de discriminations. Ceci suppose une révision de la loi pour celles vivant en France et les victimes de violences en tout genre pouvant prétendre au droit d’asile.