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| L’heure des mamans vendredi 27 février 2004 par françoise | |||
| Sociologie de parc de jeu Où ça va se nicher... Macho ! Le sexe sans sujet Samia Un homme nu dans... GENTILLE ! Du second degré ordinaire en fac Je ne suis pas féministe ! par françoise | Jeune maman, j’avais été plus que surprise d’entendre les institutrices de l’école maternelle (dénomination elle-même contestable) fréquentée par mes enfants parler de l’heure de fin de matinée ou d’après-midi comme de "l’heure des mamans". J’avais fait part de mon étonnement à ces femmes, mères pour la plupart. Elles savaient bien qu’à la sortie de l’école se pressaient certes des mamans mais aussi des papas et de nombreuses nourrices... Alors ? Réponse : "on a toujours dit comme cela, c’est plus facile pour les petits". Mais non, le plus facile, c’ est de dire la vérité, d’appeler les choses par leur nom. Pas difficile de dire "l’heure du déjeuner", car tous vont alors prendre un repas, ou "l’heure de la sortie ". J’ai bien sûr évoqué cela autour de moi aussi. Parents et enseignants m’ont écoutée avec amusement mais sans être véritablement interpellés. J’ai même entendu que c’était « mignon » comme expression... Il ne s’agissait pas d’une réaction née d’ un sentiment de culpabilité d’autant que je pouvais parfois me trouver à l’école à "l’heure des mamans". Non, c’était juste une question de logique et le fait qu’un petit de trois ans qui reste à la cantine n’a peut-être pas besoin d’entendre parler des mamans des autres à la mi-journée. C’était d’ailleurs particulièrement absurde dans cette ville- nouvelle bien desservie où les mères exerçant un emploi étaient majoritaires. Où les pères presque autant que les mères allaient et venaient à l’ école. Je n’ai trouvé un écho à ma préoccupation que vingt ans plus tard, sur ce forum. Quelqu’un avait fait remarquer qu’il y a des enfants qui ne vivent pas avec leur maman ou qui l’ont perdue, pour lesquels l’ emploi de ces mots est non seulement grotesque mais de surcroît cruel. Ma première réaction date de l’ année d’entrée en maternelle de mon fils. C’ était aussi l’année de naissance de ma fille. Laquelle prépare actuellement le Crpe (concours instit) et a pu constater que l’expression a officiellement toujours cours, visiblement passée dans les moeurs et jamais remise en question ; et ce en dépit de la réflexion visant à éliminer le sexisme de l’environnement des élèves censée avoir été menée depuis des décennies. La publication qui mentionne cette expression, la citant entre guillemets comme l’expression consacrée qu’elle est, est éditée par le CNDP, « Pour une scolarisation réussie des tout-petits », date de 2003. Décourageant, non ? Que faut-il faire pour que des femmes (puisqu’elles sont majoritaires pour éduquer les tout-petits) qui ne sont elles-mêmes pas toujours à la sortie de l’école pour leurs enfants, refusent enfin d’employer cette expression inadéquate, bref de ne pas utiliser les termes exacts, appuyées bien entendu par le faible pourcentage d’hommes qui exercent à leur côté dans les écoles. Une partie de leur tâche consiste en effet à faire évoluer les capacités de réflexion et de langage des enfants. Sans doute faut-il déjà que leurs formateurs aient pris conscience de l’importance des termes utilisés avec et par les très jeunes enfants. Le modèle social dominant de l’importance de la mère dans le jeune âge devrait en effet pouvoir être repensé, ainsi que le nom donné à l’école qui prend en charge cette période de l’enfance. | ||
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