g
| Du second degré ordinaire en fac samedi 6 mars 2004 par Laurence | |||
| Sociologie de parc de jeu L’heure des mamans Où ça va se nicher... Macho ! Le sexe sans sujet Samia Un homme nu dans... GENTILLE ! Je ne suis pas féministe ! par Laurence | Un de mes profs, connu pour sa volonté de déconstruction des théories freudiennes (tant mieux) et des idées préconçues et autres vérités établies, a la volonté très pédagogique d’émailler son discours d’exemples qu’il pense appropriés à la compréhension limitée ( ?) des djeunz qui lui font face (tant mieux aussi, notez bien). Dans cette filière : 80% de filles. C’est un gars, la bonne cinquantaine, très revendicateur de la nécessité d’une révolution sociale et politique, par exemple, et éclectique dans ses conceptions cliniques. Il glorifie certaines chercheuses, cliniciennes et autres (tout en les appelant gonzesses cela dit) . Donc a priori, quelqu’un qu’on aimerait ne pas avoir à démystifier. Mais d’une manière générale, il tient des propos du type : (je cite) "Il ya encore 3 choses qui m’arrachent un fou rire : les idées religieuses (genre vie après la mort, et là je suis plié en 2 pour la journée, les jours de déprime, ça me sert), les impôts (mais je ris jaune), et les femmes." "Les gonzesses ça coûte cher, il faut le savoir avant." "Un décès n’est pas forcément un drame : si votre femme meurt... ou la mienne...." "Un exemple d’irresponsabilité c’est d’avoir dit à ma femme que je l’aimais alors que je voulais la sauter, et quand elle m’a répondu oui de l’avoir crue, maintenant.... hein" (Bon c’est son problème, certes) "Je sais bien que c’est un métier (psychologue) plein de gonzesses, mais c’est quand même pas la peine de le faire gratuit.Je sais bien que c’est un métier déconsidéré depuis qu’il s’est féminisé mais quand même." Bien bien bien... Je vous épargne plein d’autres "détails" de ce genre en faveur de ce qu’il nous a sorti ce matin et qui vaut son pesant de cacahouètes. Voulant nous expliquer qu’il existe des problèmes méthodologiques pour prouver l’impact de certains événenents de vie, dans la psyché notamment, il a fait référence au viol. Déjà vous pensez bien que j’ai dressé l’oreille, déjà pas mal agressée l’oreille d’ailleurs....en me demandant s’il oserait dire que non il n’y a pas d’impact ou si peu. Pas du tout hein, l’impact lui parait évident, ainsi que la variation d’intensité du trauma pour chacune et de sa résonnance ultérieure etc.C’est un bon clinicien, de toute façon, pour ce que j’ai pu en voir. Mais c’est le problème de la méthodologie qui l’inspire. En s’adressant à l’amphi (rempli plus qu’au 2/3 de jeunes filles donc), je cite : "Voilà, pour suivre une méthode empirique, il faudrait que je viole là 50 jeunes filles et que l’on puisse ensuite constater clairement les effets." Attérant. Regard vers ma voisine (nous les "vieilles", on se regroupe un peu) : tout autant bouche bée que moi. Tout aussi attérant : les ricanenents sourds de l’amphi. Je me tourne décomposée vers ma voisine : "Tu les entends rire ?" "Oh ça les émoustille" me répond-elle amère.Un *vrai*rire ? Bon alors : Clairement, aller dire à ce prof que y’en a marre de ses allusions plus ou moins subtiles c’est pas facile : s’il doit être le directeur de mémoire, on se tient à carreaux. Ca ne lui vient pas à l’esprit que du haut de sa chaire ses mots ont un impact aussi ? Il a voulu choquer l’auditoire, ou du moins l’interpeller dans sa féminité pour que son exemple porte mieux ? Il a pensé asseoir une dominance qui, face au nombre de femmes présentes, pouvait être mise en danger en lui rappelant ce dont il a la possibilité ? Il a eu ces mots avec une sorte d’évidence, son ton neutre et sans effet m’a fait penser qu’il atténuait ainsi la portée du discours en le calant volontairement dans ce qu’on pourrait appeler un discours scientiste. Il n’empêche, s’il a eu besoin consciemment ou non, d’employer ce ton là, c’est bien qu’il sentait qu’il agressait de façon massive les présentes.Non ? Le rire sourd général pouvait relever de la gêne" quand même il y va fort", de l’idée que "bah c’est du second degré, il n’en pense pas un mot"(air connu), ou encore que mais non c’est tellement pas pensable qu’un viol ca arrive...surtout à moi... Mettons.Ou bien encore comme me l’a fait remarquer quelqu’une que ce rire tient du reflexe de soumission dans le rapport dominant/dominée. N’aurait il pas pu rester, pour son exemple, dans un trauma qui arrive théoriquement sans distinction de sexe : accident, perte d’un être cher... Pourquoi le viol spécifiquement ? J’ai parlé à quelques étudiantes un jour, me demandant si pour elles le discours d’un prof ne devrait pas plutôt se démarquer du discours dominant et donc des blagues si faciles, tellement faciles sur les femmes.Pas de réponse nette.C’est tellement dans le ton général de ce qu’elles entendent que au final ça glisse :’" Si on s’arrête à tout ce qu’on entend." Ben oui justement. Ce matin j’ai manqué de temps pour discuter suite à cette "blague". De toute façon en 2 heures de temps, il avait eu de quoi en trouver d’autres, moins énormes, du genre qui lui est habituel pour faire comprendre les choses. Les femmes semblent être une des ou bien la dernière possibilité de faire de l’humour facile, vu le politically correct au sujet des minorités diverses (ethnico-religio-culturelles, on va dire, et attention je ne dis pas qu’il faille faire un humour "raciste", non plus) mais elles seraient alors en plus, dans l’esprit de ce prof là du moins, le meilleur exemple à proposer pour la compréhension d’une notion lorsqu’une illustration concrète doit être trouvée ? Ou disons plutôt les femmes dans leur soumission, leur agression majeure. Qu’est-ce que porte ce rapport de domination qu’est le viol pour que cela devienne un exemple pour valider une démonstration théorique ? Et être une femme revient à devenir un rat de labo ? Au secours. | ||
| |||