g[Chiennes de garde] Contraception et sexisme


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Contraception et sexisme

mercredi 21 avril 2004

par 
Véronique


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par

Contraception et sexisme sur France Info, le 20 avril 2004

On a bien souvent l’occasion de se trouver confronté au sexisme ordinaire mais aujourd’hui, j’ai décidé de réagir. Sur France info, la chronique santé de ce matin avait pour sujet l’anneau vaginal.

Ca commence plutôt doucement :"On ne peut plus dire que les femmes n’ont pas le choix de leur contraception." C’est vrai, on avait failli oublier que la contraception est un problème spécifiquement féminin, tous ceux qui ont été à l’école savent que les femmes font des bébés toutes seules. Et ça continue : "Celles qui l’ont essayé" disent que c’est "un vrai bonheur", les hommes, toujours pas concernés, n’ont donc pas essayé... Toute la chronique est du même acabit. Je cite :

"Comment imaginer que cette chose qui ressemble à un bracelet en plastique , qui ne colle pas aux doigts et qui ne sent rien, puisse être une méthode contaceptive efficace contre les spermatozoides que nous produisons ?" Pourquoi ? La pilule ça colle et ça pue ? Le journaliste en a-t-il déjà vu une ? Ou alors fait-il référence au préservatif ? Quant aux spermatozoïdes qu’"ils" produisent, on aurait pu attendre du chroniqueur qu’il prenne un peu moins parti et parle "des hommes", sans rappeler à ses auditeurs qu’il en est un.

La suite vaut son pesant d’ovules : "Pour tout dire il est presque vexant, tellement cet anneau parait anodin, de penser que ce que nous fabriquons avec tant de difficultés, les spermatozoides, puissent être balayés aussi facilement par un objet pareil." Attention, crime de lèse-virilité ! ! S’imbiber l’organisme d’hormones pendant des années avec des conséquences à long terme encore mal connues pour ne pas fabriquer d’ovules, c’est normal ; par contre, attaquer directement les pauvres petits spermatozoïdes et les "balayer", ça, c’est grave, parce que ça vexe les hommes ! Je passe sur la connotation méprisante de l’expression "objet pareil" pour m’attarder sur le meilleur de cette chronique, la référence à ce qu’"ils" fabriquent "avec tant de difficultés". On croit rêver quand on entend ça ; j’aimerais savoir quels efforts particuliers fait ce monsieur pour fabriquer son sperme. A-t-il une idée des "difficultés" que peut avoir une jeune fille ou une femme dans sa vie de tous les jours, lorsqu’elle a des régles douloureuses ? Lorsqu’elle est enceinte ? Des douleurs lorsqu’on lui pose un implant contraceptif ? Dans la suite de cette chronique, on a encore droit à deux questions graves soulevées par les hommes : "Question que se posent les hommes :Vais-je sentir quelque chose ? " Apparement, ce que ressentent les femmes n’est d’aucun intérêt (rappelons qu’on porte l’anneau pendant trois semaines). Et enfin : l’homme risque-t-il "de se retrouver lui même avec cet objet incongru à la fin des ébats ?" Parce que pour la femme, ce n’est pas incongru du tout, bien évidemment, tout le monde rêve d’avoir un anneau en plastique dans le vagin, en tous cas ça ne doit pas être pire que d’avoir un stérilet dans l’utérus, ou un implant dans le bras !

Le texte intégral de cette chronique peut être Lu sur sur le site de France Info : ANNEAU VAGINAL (Info Santé par Michel Cymes)

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-info/chroniques/sante/