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Eric Raoult et l’appel au viol

samedi 17 juin 2006

par 
Yanne


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par Yanne
Ex-Présidente des CDG

..."Les viols et les tournantes ne se passent pas par moins 30° mais surtout quand il fait chaud et quand un certain nombre de petites jeunes filles ont pu laisser croire des choses"...

Monsieur Raoult, au début du 20 eme siècle, une femme qui montrait sa cheville en montant dans un tram courait le risque d’être suivie et violée dans un coin de rue ou chez elle : d’aucun pensaient qu’elle l’avait bien cherché ! idem celle qui sortait « en cheveux », sans chapeau, signifiant ainsi qu’elle n’était qu’une gourgandine à qui n’importe quel homme pouvait imposer un assaut sexuel.

Quand le bikini arrive dans les années cinquante, les femmes qui osent le porter sont traitées comme des « grues », des strip-teaseuses, autant dire des "allumeuses" méritant le viol.

A la fin des années soixante la minijupe qui dévoilait les jambes des filles, restait jusqu’à présent la dernière excuse avancée par les violeurs irrépressiblement excités par cet appel direct au coït.

Les jeunes filles qui décident de porter le voile au début du 21 eme siècle, quand leurs mères et souvent grand-mères françaises ne le portaient pas, ont ainsi tout compris : un homme est excité par une femme et ne peut se raisonner : donc cachons ce corps qu’il ne saurait voir sans lui sauter dessus.

Ainsi, Mr Raoult, pensez-vous que le voile ayant été interdit à l’école, c’est la porte ouverte à tous les excès ? Entre le voile et le string il y aurait un "juste milieu", encore une injonction tout à fait subjective, suivant les époques, recommandant aux femmes de "couvrir" telle ou telle partie du corps pour éviter "de laisser à penser des choses " et risquer le viol ! Les filles aujourd’hui se « dévoilent » de plus en plus, osant montrer leur nombril et le haut de leur string, ce qui, avouons le, est intenable pour les pulsions masculines ! La vue d’un nombril signifiant : soumets-moi à ton désir en m’imposant par la force un rapport sexuel ! La cheville, la chevelure, le ventre des femmes avancés comme causes de tous les abus masculins ?

Vous semblez avoir oublié que depuis quelques années le viol a été requalifié en crime, qu’il a été prouvé qu’un violeur pouvait aussi bien agresser une femme couverte des pieds à la tête que peu vêtue, qu’en général les viols avaient lieu loin des regards (donc pas dans un besoin pulsionnel immédiat ) parfois en groupe pour mieux soumettre une proie et que RIEN, aucun comportement, ni aucune tenue ne pouvait le justifier ni, a fortiori, le prémunir !

Une femme est un être humain pensant, qui a sa propre volonté et décide qui peut la pénétrer. Sous-entendre que suivant sa tenue, dictée par la mode, elle incite aux rapports non souhaités, revient à en faire un OBJET sexuel que les hommes peuvent s’approprier quand ils le trouvent désirable. Monsieur Raoult, Il y a une grande différence entre souhaiter être désirable et souhaiter être violée. Tant qu’on déculpabilisera les hommes avec des soi-disant pulsions libidinales irrépressibles devant la moindre parcelle de corps féminin, on justifiera la suprématie du désir masculin entérinant ainsi la domination masculine . Le viol est la conséquence criminelle d’un système sexiste patriarcal et non la conséquence d’un fait extérieur : les phénomènes de mode.

Laissons donc les jeunes dévoiler leur corps, le mettre en valeur, le déguiser de modes fugaces, l’affubler de tatouages et de piercing s’ils le souhaitent et apprenons leur le respect égalitaire de l’autre, de son corps, de son genre, de sa préférence sexuelle : c’est ça aussi le rôle de la démocratie.


"Pas de voile à l’école, pas de string non plus"

(Itw de E Raoult, 15 juin 2006)




     


 
   


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