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Chiennes de garde
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Lettre ouverte à Ernest-Antoine Seillière,
PRÉSIDENT DU MEDEF , (MOUVEMENT DES ENTREPRISES DE FRANCE)6 octobre 1999
Dans un article intitulé « 25 000 patrons réunis par le Medef dénoncent une réforme "archaïque" », Le Monde du 6 octobre 1999 cite les propos d’un chef d’entreprise, Jean-Paul Luce :
« Le problème, c’est Martine Aubry. Cette dame est dogmatique. C’est une frustrée. Comme dirait Bigeard, il faudrait lui envoyer un parachutiste ! »
Ces propos, rapportés par la journaliste Caroline Monnot, ont été prononcés devant témoins le 4 octobre.
Le général Marcel Bigeard, ancien officier de parachutistes, secrétaire d’État à la défense nationale en 1975 et 1976, a en effet employé une expression voisine au sujet d’Arlette Laguiller, candidate de Lutte ouvrière à l’élection présidentielle de 1981.
Il s’agit d’un appel à humilier sexuellement une femme publique.
Si en France, en 1999, une ministre d’un gouvernement de la République - la ministre de l’emploiet de la solidarité - peut être traitée ainsi, toute femme peut l’être.
ÇA SUFFIT !
Nous, Chiennes de garde, nous défendons la dignité des femmes.
Nous nous sommes engagées à manifester notre soutien
aux femmes publiques attaquées en tant que femmes.
Nous affirmons la liberté d’action et de choix de toutes les femmes.
Nous nous adressons à Ernest-Antoine Seillière, président du MEDEF.
Certes, vous n’êtes pas responsable de propos publics tenus par les adhérents du MEDEF.
Néanmoins, nous vous demandons
d’exprimer publiquement votre désaccord avec les propos tenus par Jean-Paul Luce
de prendre clairement position contre le sexisme et de mettre la lutte contre le sexisme au programme de la prochaine Assemblée générale du MEDEF.
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