action des Chiennes de garde n°1 de 2008
vendredi 11 janvier à 13h
devant le siège du Nouveau Voyeur, 12 place de la Bourse
LE NOUVEAU VOYEUR FRAPPE
AU-DESSOUS DE LA CEINTURE
et les Chiennes de garde
montrent les crocs à Jean Daniel
Combien de fesses de philosophes avez-vous déjà vu ?
Nous, aucune, jusqu'à la couverture du Nouveau Voyeur de la semaine dernière.
Quel est le premier philosophe du XXe siècle dont le corps nu soit exposé à la vue de tous, chez les marchands de journaux ?
Simone de Beauvoir !
Que Jean Daniel, directeur de la publication, nous explique le rapport entre les fesses de Beauvoir et l’originalité de sa pensée ! S’il trouve cette femme si belle, que n’a-t-il choisi son visage, son regard ! Non, il a préféré exhiber une photo intime en prétendant rendre hommage à une philosophe éminente qui a justement analysé et dénoncé le machisme.
ÇA SUFFIT !
Nous, Chiennes de garde, en avons assez
que les femmes soient ramenées à leur physique, leur corps traité comme un objet
que la nudité des femmes soit utilisée pour vendre n’importe quoi, exposée à tout propos et imposée à toutes et tous dans l’espace public.
Nous demandons à Jean Daniel
de nous faire des excuses
et, sinon, de nous montrer ses fesses.
Chiennes de garde, Maison des associations, boîte n°11
5 rue Perrée 75003 Paris. Site : http://chiennesdegarde.org/
Chiennes de garde
de tous les pays, unissons-nous !
Nous vivons en démocratie. Le débat est libre, mais tous les arguments ne sont pas légitimes. Toute femme qui s'expose, qui s'affirme, qui s'affiche, court le risque d'être traitée de « pute » ou de « salope » ; si elle réussit, elle est suspectée d'avoir « couché ». Toutes les femmes sont trop souvent jugées sur leur apparence et étiquetées : « mère », « bonne copine », « bonne à tout faire », « lesbienne », « putain », etc.
Ça suffit !
Nous, Chiennes de garde, montrons les crocs.
Adresser une injure sexiste publique à une femme,
c'est insulter toutes les femmes.
Nous nous engageons à manifester notre soutien
aux femmes attaquées publiquement en tant que femmes.
Nous affirmons la liberté d'action et de choix de toutes les femmes.
Nous, Chiennes de garde, préservons une valeur précieuse : la dignité des femmes. Elle est inséparable de la dignité humaine. Elle doit être respectée par tous.
Aujourd'hui comme hier, en Europe comme ailleurs, la légitimité des femmes à participer aux décisions à égalité avec les hommes n’est pas admise par tous ; la violence est utilisée contre des filles et des femmes pour les rendre invisibles et muettes.
Nous demandons le vote d’une loi-cadre
contre les violences faites aux femmes.
La lutte contre le sexisme doit devenir une priorité politique. Nous demandons que soit organisé un ample travail de réflexion et d'éducation sur les rapports entre femmes et hommes, afin que prévale le respect.
Ceci est le texte (légèrement adapté) du Manifeste des Chiennes de garde
contre la violence sexiste, lancé le 8 mars 1999.